William Sheller a rencontré l’orchestre Ostinato en 2004 à l’occasion d’une commande d’œuvre pour le festival de Sully-sur-Loire. En 2006, Ostinato a interprété sur
disque quatre œuvres instrumentales de William jamais enregistrées jusqu’alors. Le compositeur était donc l’invité d’honneur d’Ostinato au Théâtre du Châtelet pour fêter les dix ans de cet
orchestre-atelier. Créé en 1997 par le chef d’orchestre Jean-Luc Tingaud fortement encouragé par son maître de musique Manuel Rosenthal, il intègre dans ses rangs des jeunes musiciens sortis du
Conservatoire avec un premier prix. Le but étant de former pendant deux ans ces interprètes aux techniques de l’orchestre.
Pour cet anniversaire, quatre-vingt-dix musiciens d’Ostinato étaient présents au Châtelet. On a pu entendre un programme éclectique exécuté de très haute volée allant, pour la première partie,
de la Gaîté parisienne de Manuel Rosenthal (inspirée d’Offenbach) à Cosi fan tutte de Mozart (chanté par six élèves de l’atelier lyrique de l’Opéra de Paris) jusqu’à un
extrait de la Symphonie fantastique de Berlioz.
William Sheller intervenait en seconde partie de programme, présentant l’une de ses créations (troisième mouvement de la Symphonie Sully), Pénélope de Fauré ou encore le
Boléro de Ravel. Il chantait également entre les œuvres instrumentales, selon un ordre choisi par le chef d’orchestre : La tête brûlée, Quand j’étais à vos
genoux, le Nouveau monde puis Parade.
Sous le coup de l’émotion sans doute (?) William nous a régalé de quelques jolis
lapsus, comme entre autres d’appeler le chef d’orchestre "Jean-Claude" au lieu de "Jean-Luc". Réplique en rigolant : "Oh quand même… depuis le temps qu’on se connaît, hein…"
ou annonçant La Tête brûlée avant de commencer à chanter Le Nouveau Monde ! "Ah, de toute façon maintenant que tu m’as fait venir… " dit-il en riant au chef
d’orchestre. Et aussi de quelques "fantaisies" dans les paroles, mais l'on dira charitablement que seuls les
fans-invétérés-qui-connaissent-les-chansons-par-coeur s'en sont aperçus.
Un concert suivi par un public extrêmement mélangé : tous âges confondus, il
y avait clairement ceux qui étaient venus "pour le concert classique" et ceux qui étaient venus "pour voir William". Lequel concert s’est clos par l’interprétation de quelques œuvres
supplémentaires, comme un extrait de la Barcarolle des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach.
NP.
Evidemment que beaucoup de personnes étaient aussi venues pour les deux, c'est d'ailleurs mon cas ! J'ai simplement traduit les commentaires et comportements amusants de mes voisins de troisième balcon.